Aveyron - France

L’actualité Saint-Cômoise

INAUGURATION du MONUMENT aux MORTS

Madame la Préfète

Monsieur le Ministre

Monsieur le Sénateur,

Monsieur le Député

Monsieur le Président de la Communauté de communes

Mesdames et messieurs les élus

Chers Saint-cômois

 

" La journée du dimanche 22 juillet 1923 fut une grande et pieuse manifestation de toute la population de Saint-Côme, unie dans un sentiment de reconnaissance et d'admiration envers nos glorieux Morts de la Grande Guerre, sous la présidence de l'illustre compatriote, le général de Castelnau".

C'est par ces mots que l'ancien maire, Emile Cabanettes, a décrit l'inauguration de ce Monument aux Morts. Comme toutes les communes de France, au lendemain de ce conflit si meurtrier, Saint-Côme a tenu à élever un monument à la mémoire de ses soldats tués pendant cette Grande Guerre de 14-18. Cette décision fut prise lors du premier conseil municipal qui a pu se tenir après la fin de cette période tragique. La première et unique délibération de ce conseil, tenu le 23 février 1919, soit, 3 mois après que les cloches de l'église aient annoncé l'armistice du 11 novembre 1918, décide, " pour commémorer la mémoire et immortaliser le souvenir de nos vaillants soldats, l'érection d'un monument sur une des principales places de la ville".

Permettez-moi de citer les noms du maire et des conseillers municipaux de l'époque, élus en mars 1912: Messieurs Joseph Boscary, Georges Palous, Louis Coutou, Pierre Vergnes, Germain Bras, Jean-Pierre Rozières, Antoine Costes, Emile Pons, Joseph Coutou, Marius Sigand, Clément Besombes, Clément Galdemar et  Joseph Girbal. Ils ne sont que 13 car, il en manque 3 ! Seul Jean-Antoine Capoulade est mentionné dans la délibération. Il est mort au Mesnil-les Hurlus le 20 mai 1915. Le maire lui adresse donc "ses sympathiques regrets ainsi qu'à tous ses collègues décédés". Les deux autres, Baptiste Rigal et Baptiste Besombes seront blessés et décèderont bien après la guerre.

La stèle de ce monument comporte 78 noms. Nous allons saluer leur mémoire ainsi que celle des 6 morts de la guerre de 1940-1945 et celle des 2 morts de la guerre d'Algérie. Cette stèle a été érigée grâce à une souscription publique. L'ouvrage fut confié au célèbre sculpteur-marbrier, Edouard Rombaux-Roland. Et c'est ainsi que fut créé ce monument choisi parmi les plus belles œuvres de son répertoire. Il est composé d'un obélisque majestueux, associant une figure allégorique, superbement drapée. Comme vous le voyez, elle tient dans sa main gauche, une couronne d'immortelles tandis que, de la droite, elle grave dans le marbre, pour mémoire éternelle, "Honneur à nos glorieux morts"! Sur les trois faces de la stèle sont inscrits les noms de tous ceux qui sont tombés au Champ d'Honneur, de manière directe ou suite à leurs blessures. Ils seront cités demain, 11 novembre, par le président des Anciens Combattants.

Ce monument fut inauguré le 22 juillet 1923 par le Général de Castelnau. Il avait donc pleinement vocation à rejoindre le square que nous venons de lui dédier. Dés sa construction, le choix délibéré a été fait, non de célébrer une victoire, mais bien de rendre hommage à ces hommes qui ont fait le sacrifice de leur vie dans des circonstances que les deux expositions que nous venons d'ouvrir décrivent comme particulièrement tragiques. Que l'on se souvienne de la prédominance des blessures par éclats d'obus sur les blessures par balles. Le professeur Christian Virenque a pu évoquer, tout à l'heure,  le cruel dilemme qui se posait chaque jour aux infirmiers et aux médecins. Devant le flot débordant de la besogne, il fallait décider du sacrifice qui assurait la vie ou donnait quelque espoir pour la vie. Mais, déjà le brancardier, la nuit, se guidant grâce aux gémissements des blessés, devait choisir pour évacuer celui dont il pensait qu'il survivrait. Notre compatriote, Elie Gavalda, blessé à deux reprises, titulaire de la médaille militaire, de la Croix de guerre 14-18, de la Croix du combattant, de la médaille de Verdun et de la Croix du roi chevalier Albert 1er de Belgique sera décoré, à 85 ans, en 1981, de la Croix de Chevalier de la Légion d'honneur. Brancardier, il a été, à de multiples reprises confronté à ce terrible choix d'avoir à sauver l'un et pas l'autre !

Lui-même, comme quelques autres saint-cômois en est revenu. Aujourd'hui, pensons à tous ces jeunes gens qui partirent endurer de terribles souffrances et mener une vie dépourvue de toute humanité. Souvenons-nous! La plupart sont affectés au 122 ième Régiment d'Infanterie de Rodez. Ils partent les 5 et 6 août de Rodez pour rejoindre la base de concentration de Mirecourt les 7 et 8 août. Et, le 14, ils entrent dans l'armée de Lorraine commandée par le général de Castelnau. Dés ce premier jour, ils échangent les premiers coups de feu mais subissent un violent bombardement d'artillerie. Le 15 août, la marche en avant se poursuit. Le 18 août, les 2ième et 3ième bataillons reçoivent l'ordre d'attaquer Loudrefing. Et ce sera le premier mort saint-cômois, Joseph Vialettes. Deux jours plus par, le 20 août, à la bataille de Morhange, Xavier de Castelnau, le premier des 3 fils du général morts durant cette guerre sera tué. Deux autres fils seront tués: Gérald** en septembre 1914 à 35 ans et Hugues***, en mars 1916 à 21 ans. Comme ce dernier, Joseph Vialettes et Xavier de Castelnau  avaient 21 ans. Ils vont ainsi ouvrir une longue liste qui, pour Saint-Côme fera 78 morts. 19 pendant l'année 1914, 28 en 1915 dont le capitaine Gabriel Boscary, 8 en 1916, 7 en 1917, 11 en 1918 et 5 morts à la suite de leurs blessures de guerre de 1919 à 1922. Ils sont présentés dans la première exposition inauguré tout à l'heure qui indique la date de leur mobilisation, la date de leur mort et l'endroit où ils ont été tués.

Aujourd'hui, nous nous inclinons devant le sacrifice de leurs vies et honorons leur mémoire sans oublier leurs familles qui, il y a cent ans, du fait de l'éloignement de leurs morts se trouvaient dans l'impossibilité d'aller les retrouver. Ce monument constitue, pour beaucoup, le rappel de leurs sépultures et le seul endroit où elles peuvent se recueillir pour se souvenir et avoir une pensée pour eux.

Je vous invite à se joindre à ce recueillement en faisant une minute de silence.